Depuis cet été, installer une climatisation réversible coûte nettement moins cher. La TVA est passée à 5,5 % sur ce type d’équipement, contre 20 % sur le matériel et 10 % sur la pose jusqu’alors. Sur un devis à 8 000 € HT, l’écart tourne autour de 800 €. Mais attention : le nouveau taux ne s’applique pas à toutes les climatisations, loin de là. Voici ce qui a changé, à quelles conditions vous y avez droit, et comment vérifier que votre projet coche bien toutes les cases.
En bref
- La TVA à 5,5 % s’applique à la climatisation réversible (ou pompe à chaleur air/air) depuis le 18 juillet 2026.
- Les devis signés avant le 18 juillet 2026 restent à l’ancien régime : le taux réduit ne s’applique pas rétroactivement.
- Avant cette date, votre devis affichait deux taux : 20 % sur le matériel et 10 % sur la main-d’œuvre.
- Le nouveau taux applicable couvre tout le devis, fourniture et pose comprises, quand l’entreprise vend et installe l’appareil.
- Trois conditions de base : un logement achevé depuis plus de deux ans, à usage d’habitation (résidence principale ou secondaire), et un appareil fixe.
- L’appareil doit aussi être performant : A++ en mono-split, A+ en multi-split, en chaud comme en froid, jusqu’à 12 kW.
- Il doit également utiliser un fluide frigorigène autorisé et pouvoir être piloté à distance.
- Toutes les pompes à chaleur réversibles du marché ne sont pas éligibles au taux réduit : la vérification se fait modèle par modèle, avant la signature du devis.
- Économie réelle : environ 10 % du prix de votre installation.
Ce qui a changé le 18 juillet 2026
Pendant des années, la climatisation réversible a été traitée comme un équipement de confort, pas comme un geste de rénovation énergétique. Résultat : elle payait plein pot, alors que la pompe à chaleur air-eau bénéficiait déjà du taux réduit.
Ça a changé en deux temps. La loi de finances pour 2026 a d’abord ouvert la porte en modifiant l’article 278-0 bis A du code général des impôts. Mais il manquait encore un texte pour fixer les critères techniques. Cet arrêté du 13 juillet 2026 a été publié au Journal officiel le 17 juillet et s’applique depuis le lendemain, soit le 18 juillet 2026.
Avant : deux taux sur le même devis
Jusqu’au 17 juillet, une installation de climatisation réversible affichait deux lignes de TVA distinctes : 20 % sur le matériel et 10 % sur la main-d’œuvre, pour un logement de plus de deux ans. Un devis un peu déroutant à lire, et une facture qui grimpait vite dès que la part d’équipement était importante.
Depuis : un taux unique sur l’ensemble
Désormais, le taux de TVA applicable est de 5,5 % sur la totalité de la prestation, matériel et pose compris. Une seule condition de forme : l’appareil doit être fourni et posé par la même entreprise, sur une même facture. Si vous achetez votre climatiseur sur internet et que vous faites seulement appel à un professionnel pour la pose, le matériel reste taxé au taux normal.
Précision utile, parce que la confusion est fréquente : ce n’est pas une aide que vous devez demander. C’est un taux que votre installateur applique directement sur le devis.
Quelles conditions pour bénéficier de la TVA à 5,5 % ?
Cinq critères doivent être réunis. Les deux premiers concernent votre maison, les trois autres l’appareil lui-même. Ils sont détaillés sur le portail officiel Service-Public.
Un logement achevé depuis plus de deux ans
C’est l’inverse de ce que beaucoup imaginent : le neuf n’est pas concerné. Votre logement doit être achevé depuis au moins deux ans au démarrage des travaux, et servir d’habitation. Résidence principale ou secondaire, peu importe ; en revanche, un bureau, un commerce ou un local professionnel est exclu, même avec le meilleur équipement du marché.
Propriétaire occupant, bailleur ou locataire : tous les profils peuvent bénéficier du taux de TVA réduit, dès lors que le logement remplit ces conditions.
Un appareil fixe et réversible
Le texte vise les pompes à chaleur air/air réversibles installées pour rester en place. Un climatiseur mobile sur roulettes, celui qu’on sort du garage en juillet, n’entre pas dans le dispositif. Il faut un appareil raccordé, fixé au bâtiment, qui assure aussi bien le chauffage l’hiver que le rafraîchissement l’été.
Une classe énergétique A++ ou A+
C’est le critère qui élimine le plus de modèles. Tout se joue sur l’étiquette énergie, celle qu’on connaît sur les lave-linge et les réfrigérateurs. Pour un appareil jusqu’à 12 kW, il faut atteindre la classe A++ en mono-split (une unité extérieure, une unité intérieure) ou A+ en multi-split (une unité extérieure, plusieurs unités intérieures).
Et le seuil doit être atteint dans les deux modes : en chauffage (SCOP) et en refroidissement (SEER). Un appareil A++ en froid mais A+ en chaud ne passe pas, s’il est installé en mono-split.
Au-delà de 12 kW, l’arrêté prévoit des seuils particuliers qui visent surtout les grosses machines posées en toiture. Ça ne concerne pas les installations classiques d’une maison individuelle.
Un fluide frigorigène autorisé
Le gaz qui circule dans votre climatisation doit respecter le règlement européen sur les gaz fluorés, dit F-Gas, à la date de signature du devis. Le R32, très répandu aujourd’hui, est conforme. Un point que votre installateur vérifie sur la fiche technique du modèle retenu.
Un pilotage à distance
Dernier critère : l’appareil doit pouvoir se connecter à un réseau numérique et recevoir des consignes de température à distance. Concrètement, le pilotage par application mobile ou par une commande centralisée compatible. Attention, sur certains modèles d’entrée de gamme, le module Wi-Fi est vendu en option : sans lui, le critère n’est pas rempli.
Comment savoir si votre climatisation est éligible ?
Voilà la vraie question, et celle qui fait le plus de dégâts en ce moment. Depuis fin juillet, on voit passer des publicités qui annoncent “la clim à 5,5 %” sans le moindre bémol. C’est trompeur.
La règle : on vérifie modèle par modèle
Aucune marque n’est éligible en bloc. Chez un même fabricant, deux modèles de la même gamme peuvent avoir un jugement différent, simplement parce que le plus puissant des deux affiche une classe énergétique un cran en dessous. Certains fabricants publient d’ailleurs leur propre tableau d’éligibilité, référence par référence.
Le bon réflexe, c’est donc de demander la fiche technique du modèle exact prévu chez vous, pas la brochure commerciale de la gamme. Et méfiez-vous du nom commercial : un appareil vendu comme “12 kW” peut afficher une puissance réelle légèrement supérieure sur sa fiche, et basculer hors du seuil.
C’est exactement le genre de vérification qui distingue un installateur sérieux d’un vendeur pressé. Nous en parlons plus longuement dans notre article sur les pièges à éviter avant d’installer une pompe à chaleur.
Mono-split, multi-split : le seuil n’est pas le même
Une seule pièce à traiter ? Vous partez sur un mono-split, et il faudra viser A++. Plusieurs pièces ? Le multi-split est plus souple, avec un seuil à A+, mais tout dépend de l’ensemble réellement posé chez vous : selon le nombre d’unités intérieures et les modèles retenus, un même groupe extérieur peut passer ou non.
Si vous hésitez encore sur le type d’unité à poser dans chaque pièce, notre comparatif entre split mural et console vous aidera à trancher.
Et le gainable ?
Un climatiseur gainable est techniquement une pompe à chaleur air/air, avec une unité intérieure cachée dans les combles. Il entre donc dans le champ du dispositif.
Quelles démarches pour en profiter ?
Bonne nouvelle : quasiment aucune.
Depuis mars 2025, l’ancienne attestation Cerfa a été supprimée. Une simple mention sur le devis ou la facture, certifiant que les conditions d’application du taux sont remplies, suffit désormais. Vous signez, et c’est réglé. Conservez simplement vos documents : l’administration peut les demander plusieurs années après les travaux.
Un point souvent mal compris : la qualification RGE de l’entreprise n’est pas ce qui déclenche ce taux de TVA réduit. Elle reste indispensable pour d’autres aides, mais ici, ce sont le logement et les caractéristiques de l’appareil qui décident.
Reste le cas des devis signés avant le 18 juillet. Il n’y a pas de bascule automatique : le taux dépend de la date à laquelle la TVA devient exigible, donc du calendrier des acomptes. Si vous avez un projet en cours, parlez-en à votre installateur, dossier par dossier.
Et vos autres équipements ?
La question revient souvent, alors autant clarifier.
La pompe à chaleur air-eau bénéficiait déjà du taux de 5,5 % avant cette réforme : rien ne change pour elle. Si vous remplacez une vieille chaudière et que vous voulez aussi produire votre eau chaude sanitaire, c’est vers ce type de pompe à chaleur qu’il faut regarder.
Le ballon thermodynamique est logé à la même enseigne, puisqu’il s’agit d’un équipement de production d’eau chaude reconnu comme geste de rénovation énergétique.
En revanche, la pompe à chaleur de piscine n’entre pas dans le dispositif : elle chauffe un bassin, pas un logement. Et pour vos autres chantiers d’amélioration ou d’aménagement, la rénovation d’une salle de bains par exemple, le taux de TVA intermédiaire de 10 % continue de s’appliquer dans le cadre habituel des prestations de travaux.
La TVA réduite se cumule-t-elle avec les aides financières ?
Oui, elle s’ajoute au reste. Mais soyons honnêtes sur ce que vous pouvez espérer.
MaPrimeRénov’ reste fermée à la climatisation réversible : le dispositif vise les gestes de chauffage jugés plus sobres. La prime CEE, elle, reste accessible sous conditions de performance et de puissance, à condition que la demande soit déposée avant la signature du devis. L’éco-prêt à taux zéro peut par ailleurs financer le reste à charge.
Un dernier conseil, qui n’a rien à voir avec la fiscalité mais qui pèse plus lourd sur la durée : une climatisation bien entretenue garde ses performances et sa garantie constructeur. L’entretien régulier de votre installation est ce qui transforme une bonne affaire à l’achat en économies réelles sur dix ou quinze ans.
Éco Énergies 17, votre installateur de climatisation réversible près de La Rochelle
Vous envisagez d’installer une climatisation réversible et vous voulez savoir si votre projet ouvre droit au taux de 5,5 % ? Éco Énergies 17, artisan frigoriste fort de plus de 18 ans d’expérience, vérifie l’éligibilité de chaque projet avant d’établir le devis : ancienneté du logement, référence exacte de l’appareil, classe énergétique en chaud et en froid, fluide frigorigène, pilotage.
Titulaires de l’attestation de capacité fluides frigorigènes et couverts par une assurance décennale, nous intervenons dans un rayon de 60 km autour de La Rochelle : Rochefort, Niort, Saintes, Royan, îles de Ré et d’Oléron, et plus largement en Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vendée. Que vous partiez sur un split, un multi-split ou un système gainable, nous vous disons franchement ce qui passe et ce qui ne passe pas.
Un projet en tête ? Demandez votre estimation gratuite et sans engagement : quelques minutes suffisent, et nous vous rappelons rapidement.
FAQ – Ce qu’il faut retenir
Quel est le taux de TVA sur une climatisation réversible en 2026 ?
5,5 % depuis le 18 juillet 2026, sur le matériel comme sur la pose. Avant cette date, c’était 20 % sur l’équipement et 10 % sur la main-d’œuvre.
Toutes les climatisations réversibles sont-elles concernées ?
Non. Seuls les appareils fixes atteignant A++ en mono-split ou A+ en multi-split, en chaud et en froid, avec un fluide conforme et un pilotage à distance. Une bonne partie des modèles d’entrée de gamme reste au taux normal.
Ma maison neuve est-elle éligible ?
Non. Le logement doit être achevé depuis plus de deux ans. C’est une mesure destinée à la rénovation, pas à la construction.
Puis-je acheter ma clim moi-même et bénéficier du taux réduit ?
Non. Le matériel acheté seul reste au taux normal. Pour obtenir 5,5 % sur l’ensemble, la même entreprise doit fournir et poser l’appareil, sur une seule facture.
Faut-il un installateur RGE pour avoir la TVA à 5,5 % ?
Non, ce n’est pas la condition qui déclenche ce taux. Le RGE reste en revanche exigé pour d’autres aides, comme la prime CEE.
Y a-t-il un document à remplir ?
Plus depuis mars 2025. Une mention portée sur le devis ou la facture remplace l’ancienne attestation papier. Gardez vos documents plusieurs années en cas de contrôle.
Combien ça représente sur un devis ?
Environ 10 % du prix de l’installation. Comptez autour de 840 € d’économie sur un chantier à 8 000 € HT, davantage si la part de matériel est élevée.
J’ai signé mon devis en juin 2026, puis-je bénéficier des 5,5 % ?
Non. Le taux réduit s’applique aux devis signés à partir du 18 juillet 2026. Aucune régularisation n’est prévue pour les projets engagés avant cette date.